Projet de Loi de finances rectificative 2026 : la COMFIB auditionne le ministre de l’Économie et des Finances
La Commission des finances et du budget (COMFIB) poursuit l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2026. Ce samedi 12 septembre, elle a auditionné le ministre de l’Économie et des Finances. Dr Aboubakar NACANABO, était accompagné de la camarade Fatoumata BAKO/TRAORE, ministre déléguée chargée du Budget et d'une forte délégation de responsables et de techniciens de son département.
Cette séance de travail s’inscrit dans le processus d’examen du projet de loi de finances rectificative par la Représentation nationale. Elle a permis aux députés d’interroger le Gouvernement sur l’évolution de l’exécution du budget, au premier semestre et sur les différents ajustements proposés dans le texte. Les échanges ont porté sur la mobilisation des recettes, l’exécution des dépenses, les performances des régies de recettes et sur plusieurs mesures fiscales et ouvertures de crédits.
Pour Dr Aboubakar NACANABO l’amélioration du recouvrement des recettes publiques observée au cours de l’exercice permet de prendre en charge de nouvelles dépenses d’investissement, afin d’accompagner les priorités de développement et la mise en œuvre du Plan RELANCE. Certaines dépenses déjà engagées sans crédits initialement prévus doivent également être régularisées à travers la loi de finances rectificative, tout en maintenant le niveau du déficit budgétaire.
Les membres de l'Exécutif se sont tout d’abord prêtés aux questions des députés relatives aux perspectives de mobilisation des recettes. La contribution du secteur minier aux recettes fiscales et non fiscales, le niveau de recouvrement des recettes extraordinaires et les possibilités d’accroître davantage les ressources de l’État ont aussi fait l’objet d'échanges. Tout comme la fiscalité foncière, avec des questions sur la digitalisation du cadastre, l’identification des parcelles non ou insuffisamment mises en valeur et le recouvrement des taxes correspondantes.
Les députés n'ont pas passé sous silence le niveau d’exécution des dépenses, particulièrement celui des investissements, le financement de la deuxième phase de Smart Burkina, les ressources destinées à l’Agence de gestion des péages, l’immersion patriotique obligatoire ainsi que l’apurement des engagements de l’ancien Fonds spécial routier.
Concernant ce dernier dossier, le ministre a précisé que les 30 milliards de francs CFA prévus dans la loi de finances rectificative correspondent aux échéances à honorer, au titre de l’année 2026, sur un montant global d’engagements évalué à environ 75 milliards de francs CFA. Les autres échéances devraient être prises en compte au titre des exercices suivants. Il a également fait état de la mise en place progressive de brigades régionales pour les travaux routiers.
Les mesures fiscales proposées dans la loi de finances, les exonérations prévues en faveur du secteur de l’élevage, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Offensive agro-pastorale et halieutique, la reconduction de la mesure adoptée en 2023 en faveur des PME, la réduction de la fiscalité applicable à l’eau en sachet aromatisée, ont aussi donné lieu à des échanges.
Le Gouvernement a expliqué que cette mesure vise à améliorer le recouvrement d’un impôt dont le niveau antérieur avait généré des difficultés de paiement et des arriérés.
La fiscalité applicable aux intrants destinés à l’alimentation animale a, par ailleurs, suscité des interrogations sur son incidence sur les coûts de production et, à terme, sur les prix des produits d’élevage. Les députés ont également abordé la question de la dépendance aux importations d’intrants et la nécessité de poursuivre les efforts en faveur de la production locale.
La formalisation du secteur informel, le déploiement de la facturation électronique certifiée et la lutte contre la fraude ont constitué un autre volet des discussions. Le ministre a indiqué que la digitalisation progressive des opérations fiscales doit permettre de mieux connaître l’activité économique, d’améliorer le suivi des contribuables et de renforcer la mobilisation des recettes.
Les interrogations des députés ont également porté sur plusieurs dépenses et investissements, notamment les infrastructures éducatives, le redéploiement des forces de sécurité et de défense, la mise en place de nouvelles structures administratives et la gestion du parc automobile de l’État. Ces échanges ont permis au Gouvernement d’apporter des précisions sur les choix opérés et les perspectives de mise en œuvre.
Au terme de l’audition, les députés membres de la COMFIB ont poursuivi leurs travaux par l’examen du projet de loi de finances rectificative, article par article. Cette étape a permis de passer en revue les différentes dispositions du texte à la lumière des explications apportées au cours des échanges avec le Gouvernement.